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mercredi 16 mai 2007

Insomnie


"Quand on voudrait avoir la tête vide, ça nous vient....

....Je voudrais dormir."
*

dimanche 25 mars 2007

Bric à Brac

Une vie.
Des boîtes que j'entr'ouvre.
*
Poitrine décapsulée.
Pour voir en dedans, d'une plume avisée
les dédales du coeur,
et mon poumon fleuri.
*

Perdu, raté.
Pas d'amour, non.
*
Ecrire.
Pour le souffle, la musique.
L'encre des veines.
Les crépuscules en bout de phrases.
Les quais du Verbe,
et nos chemins.
*
Mais toujours les mêmes mots,
les même langueurs.
*
Votre ennui est palpable,
ma prose est malade.
*
Alors, un peu de silence.
*
Distiller les peines, égrener des larmes sur le collier du temps,
je l'ai trop fait.
*
Cela suffit ! Je vous entends crier.
*
Mais que répondre?
Je ne sais plus dire autrement,
qu'avec des miettes de ce chagrin-là.
*
Mes mots n'en valent pas la peine.
Ailleurs, la poésie.
*
[chut]

[seul un mot de toi, peut-être,

me fera reprendre les mots,

seul ton regard admiratif,

me fera croire que cela en vaut la peine]

mardi 20 mars 2007

On dit pas je veux d'abord

Ce soir, je veux du ciel, un étang et des pinceau.
Je veux me faire la malle, manger ton ventre et crayonner ta bouille.

Je veux juste foutre mes doigts dans la peinture et puis sur mes joues et puis sur les murs,
Dessiner le monde, dessiner des visages,
onirisme à pas cher qui crève la page en couleur.

Je veux des soleils carbone, du pastel sous les ongles, des cheveux ébouriffés.
Je veux t'aimer, je veux t'entendre rire, te donner la main en cachette, te faire grimper dans mon radeau de fortune, dans mes bras, te faire danser.

Je veux l'enfance, le manège, les étoiles bleues.
Je veux Mexico, ta bouche, une toile encore vierge.

Je veux voyager, croquer, dériver.
Je veux me sentir toute petite, je veux courir sur l'eau.

Je veux ta peau sous mes doigts, tes yeux verts de printemps,
je veux fredonner l'outre-ciel.

Je veux le temps des cerises, le fond de l'océan,
un crayon et des bulles.

Je veux pas travailler je veux bouffer la vie.
Je veux pas pleurer je veux te gribouiller.

Je veux t'écrire des lettres,
Dans des enveloppes toute petites.

Je veux rougir quand je croise tes yeux,
pour me noyer dedans.

Je veux l'encre de chine et l'orient et les fleurs.
Je veux peindre, je veux l'Astrolabe.

Je veux m'assoupir dans le creux de ton épaule.
Je veux ton souffle comme une berceuse à mon oreille.


Je veux des prairies, du fusain, un nuage.
Rien d'important, mais tout de précieux.

Je veux un croissant de Lune,
un cercle de lumière,
un triangle de chocolat.

Je veux toi, aussi.

dimanche 11 mars 2007

After the reading...

C'est toujours la nuit.

Toujours la nuit que j'ai envie d'écrire. Que je flotte entre mélancolie et espoir à fleur de peau.

Que je suis vague, marées, chagrin.

Le film passe très vite, en éclair s'illumine l'essentiel. La vérité en néon éclaire ma ville. Lis blanc dans le caniveau. Du vent claque sur les vitres. Un oiseau. Des étoiles. Réverbère éteint, l'eau avale les arbres.

La musique me prends à la gorge. Je pense à lui. Des noeuds. Je n'arrive pas à me détacher de la clarté lunaire de son sourire.

Je lui ai écrit une lettre. Il y a un temps, déjà. Pourquoi les mots m'échappent quand je voudrais dire l'amour, simplement? Pourquoi je m'y égare? Pourquoi j'ai peur qu'il n'y croit pas, qu'il ne comprenne pas.

Blues. Pas de violons, de trémolos. Les larmes ne viennent que dans le silence. Des pierres de verre qui roulent. Coulent.

Plan serré. Un visage. Des cheveux qui s'envolent, un regard ailleurs.

Ces images me touchent. Une façon de se poser sur les êtres, intime, respectueuse, douleureuse. D'effleurer leur détresse, de raconter leurs choix, leurs renoncements, leur combat.

Simplement, sans artifices. La caméra filme au naturel, retient des brèves de vie, saisit des regards, la lumière de l'aurore, une caresse sur la peau, une bouche. Pas d'intrusion, de voyeurisme. Juste la réalité d'un croisement, des secrets ouverts délicatement, des souffrances. L'amour.

C'est beau. C'est beau et ça me fait mal.

Je sanglote dans le noir. Leur histoire me touche. Elle questionne l'essence de notre vie, notre quête de l'autre, la profondeur de nos engagements. Jusqu'ou peut on aimer? Qu'est ce que c'est que l'amour? En faut-il des preuves?
Comment te dire, mon amour, te confier pour de vrai que je t'aime...

J'ai envie de partir, de balancer toutes ces futilités, ces choses sans importances auxquelles on s'attache faute d'oser admettre nos échecs, la vacuité de nos errances. Je voudrais chercher l'essentiel, aimer sans retenue, faire ce qui me tient vraiment à coeur, sans me mentir, sans me calfeutrer dans la facilité, sans dire ''on verra bien''...

Ne pas nouer d'attaches qui immobilisent, de garder que les liens qui élancent, qui jettent vers un toujours mieux. Avec des détails, des miettes, contruire en grand.

Ne pas regretter, ne plus pleurer. Oublier ce qui blesse, y revenir plus tard. Ne pas perdre des bouts de vie à trop demander pardon. Vouloir seulement changer les choses, et y croire. L'important est demain.

Je ne veux pas être lâche, passive. Les vrais combats sont ailleurs. Et en moi. Il faut qu'il le sache.

Je dois être fidèle à mes rêves, à mes passions.

Ne pas flancher, ne pas jouer aux fusillades quand au fond on s'aime. Ne pas faire comme eux tous. Ne pas attendre.

C'est tout de suite que ça s'écrit. Tout de suite.

On n'a pas de temps à perdre. On ne peut pas se permettre d'hésiter, de se blesser, de se gâcher.

Trop de belles choses, de vrais combats doivent être menés. L'amour n'a pas de prix.

En venant au monde, on a devant nous des millions d'oeufs, blancs, ronds. Le bonheur, la vie à l'intérieur.
Un oeuf. L'amour en dedans. Si facile de s'en emparer. Mais la coquille est si fragile aussi. Un rien peut le fêler, une secousse peut le briser. Mis à nu.
Les vraies choses doivent être cueillies avec délicatesse.


Devant l'écran lumineux tout ceci m'apparait.

Je le savais déjà.

Je ne doute plus.

samedi 3 février 2007

Retour masqué et barbapapa glacée


*Je reviens*

Je trempe ma paume dans l'encre céleste. La pose sur votre épaule.
Empreinte indélébile de ma prose maladroite.


C'est moi la paumée.
Je ne sais pas où, je vais.

Quand le ciel coule à ma fenêtre, je pleure.

[je me sens seule]


Je ne sais pas dire.
Je marche de travers.

Je suis ivre, ivre d'amour, ivre de perte de moi, d'agonie chromatiques.

Ma peinture sèche sur une chaise.
Ma chambre est claire, le soleil embué d'hiver s'immisce entre les rideaux.

La silhouette que j'ai tracé au crayon est floue.
Ma peinture est taché. Ce n'est pas beau.

Je ne suis pas belle.

Je m'attache trop.
On m'avait prévenu, mais je ne sais pas lutter.

Quand je crève, j'écris.
Ca sonne comme une maxime, c'en est peut-être une, celle des jours de brume.
Non les nuits de tourbillon, quelles qu'elles soient je ne les regrette pas.

Alors je reviens.
Je pose mes valises de cartons. Le sourire est à l'abri, dans ta bouche.

Je m'installe.

Le voyage m'élance le jour, mon radeau m'emporte déjà.



lundi 29 janvier 2007

Mur de silence

Mutisme.

Plutôt que du ciel fâné dépeindre des rêves, mouchoirs et vagabondage brouillés de cheveux épicés, petits matins mêlés d'envies avortées...
Plutôt que cette pagaille douce amère en brocante sous vos yeux, je vais me taire.

Pour quoi écrire?

Ma plume vire hors du papier, mes doigts caressent d'autres steppes immenses. Le bruit des touches s'éloigne, les mots se gèlent sur le seuil de ma bouche.

Une digue. Le fleuve de lettres vagues, de désespoir retenu ficelé d'encre débordante, un flot continu de larmes-libellules.



Je ne sais plus dire.

Ecrire m'échappe.


Dois-je encore poser des bouts de monde, des drapés de prose, des douceurs tintées d'exostisme dans cette danse verbale?

Dois-je encore écrire?

Sans vos pupilles gourmandes pour les cueillir, sans elles pour de mes divagations faire des bouquets à jeter en l'air en brassées d'artifice, elle serait vaine et sèche ma plume volante.


Mais ce soir, mais tous les autres soirs.. pour qui écrire?


Non mes mots ne valent plus rien.... des cailloux des branches tombées à terre des brins d'herbe un reflet dans le ruisseau une caresse sur ta main...

Si peu, vraiment.


Je vais les murer , un moment. Les retenir, les taire.

Ils n'apportent rien, ils ne sont même plus beaux.


Alors, une barrière de brume, une muraille de chagrin, un rempart d'espérance.

Une pallissade érigée avec des bricoles amassées, du doute vaporeux, de l'organza de larmes, un jupon d'insouciance, encore. Si peu...

Pas une bréche, pas une fenêtre ouverte, mes volets seront clos.



Je me retire, un moment.

Pas un bruit.



Juste le silence du doute.
.
.

samedi 13 janvier 2007

Soliloque d'une huitre ivre de chagrin



Je flotte.
Blop blop, des bulles.


Ce soir je ne peux m'empêcher d'être mal.
Bourrée au condensé de chouinage.
Du vrai, mais sans les larmes de croco,
parce qu'on n'est pas dans une série B, tout de même.


C'est fichtrement triste un samedi toute seule, surtout quand il fait nuit à cinq heures.
Puis aussi ma vie se casse la figure grave:

-il me manquait deux euros à la caisse du Super U, par conséquent j'ai dû largué ma bouteille du jus d'orange.
-ma boite à mails est désepérement anorexique.
-ma balance (quelle prétentieuse!) ne cesse de faire grimper les chiffres.

et au final la cerise qui fait déborder le vase:
ma soirée viens d'être annulée.


Alors je roule des pelles à mon ordi.
c'est vachement sensuel.

Puis je mange du saumon,
sur du pain au pavot.
Avec du citron.

Aucun rapport:
(parce dans dans la vie rien n'est jamais au bon endroit)
Joyeux noël, citadins!

Je suis une huitre qui chiale sa mer.
parce qu'elle va se faire bouffée.

(beurk! pourquoi une huitre?
c'est dégueulasse une huitre!)