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jeudi 19 avril 2007

Demie-Lune

La grande pagaille.
Partout, le monde s'éparpille.

Je suis a genoux. vague communiante sans prière, sans foi.
A genoux je regarde les débris, les fissures. Le compte, machinalement.
Je respire la couleur des choses, m'emplis de leur opalescente.

des rues, des rues qui passent, à droite, à gauche, un film qui coure sous mes sandales. ça claque, talon, pied, paume, et je trébuche.
Portes cochères. Elles n'abritent plus les peines qui s'embrument, qui fondent comme de la glace sur mes joues.

je m'arrête. reprends ma respiration.

Aspirer le jour qui s'efface, une grand souffle, les choses qui filent jusqu'au fond des poumons, entrent dans le corps, étouffent.

on n'oublie pas.
On passe de la chaux sur le mur,
ça brûle, un peu.


Je me dessine en creux, à la bombe sur les haies, les jardins.
Parmi les miettes des choses qui se fondent dans le sol où je marche, mon
reflet, dans la terre mouillée.

Je m'élance et me cogne, et me cogne et me cogne. ça ne fera bientôt plus mal.

Une blessure.

Et tes yeux et tes yeux et tes yeux.
L'oubli se cramponne à moi, me dévisage et se fait la malle.
alors je répète.

me donner une contenance.

Idiote.
Idiote, idiote.

ce serait un refrain sans fin. sans fin.

Des cailloux. Des pelles. on ne soulève que du vent.
Je voudrais m'échapper.

c'est ton
amour qui m'éclipse.

demie Lune. un sourire qui penche, à moitié de ciel.
IL est tard.


mercredi 14 mars 2007

[Brumes]

Pardon.
je m'en veux pour ce soir.
Pour ces paroles en l'air, ivre de peine, et de folie aussi.
Pour ces mots qui ne voulaient rien dire, ces lettres mélangées

J'ai cru rêver. Tout ça me semble si irréel.
Je savais que c'était perdu d'avance, c'était douloureux avant de naître.

L'alcool disperse.
Je t'ai trop raconté.
Je n'aurais pas dû dire tout cela.
Je m'en veux si fort.

J'ai mal, aussi.

Tout ce bonheur avorté, étranglé.
La chance...

Merci d'être là,
malgré tout.

Etoile

J'aurais dû me taire.
Dormir, m'éloigner.

Oublions, oublions tout.

Mais ma requête, s'il te plait cèdes-y...
Une seule fois, y goûter c'est vrai, mais pour mieux avancer.
Pour prendre de l'élan.

Silencio...

C'était vrai, tu en es sûr? Ta main sur la mienne?

Non.
Tu es trop loin.
J'ai trop de songes qui m'emplissent les veines.

Un désir fou, de t'aimer, de t'appartenir.
Un secret.
La brume.

Pardon, mon amour.

vendredi 9 mars 2007

Faire exploser mes ailes...

J'avais écris un bout de grisaille, et pour faire mieux j'y avais mis des lucioles.

Mais tout s'est effacé, sans raison.


La page blanche ne raconte plus.

J'ai le sommeil à fleur de paupières, la fatigue assomeuse.


Ce soir, je fonds.
Je suis cabossée.

La marée montante dans mes yeux.

Si tu regardes bien tu y verras la mer, dans le fond du bleu nuit.


Une prose dépareillée que j'avais gribouillée dans ce coin là. Pour raconter comme ça mon envie de tout balancer, pallissades et bocaux ferrés en jour maussade.

De trouver la manivelle pour remonter le temps. Rétrograder la vie pour le joli temps, celui où ils étaient là.

J'aimerais écrire des mots d'amour parce que parler c'est pas mon fort, et parce là je voudrais tes bras, encore, toujours, et que finalement la vie j'y comprends rien.

Je disais des tas de bidules, de souvenirs revenus, de ceux que l'on voudrait gardés toujours, et la mélancolie posée dessus, mon envie pyrotechnique, une feu d'artifice de pacotille pour faire sauter tout ça en lumières déjà mourantes, mais si belles, si belles...

J'écrivais.

Que tout reviens.

Que je reste une môme. Cheveux ébouriffés et rêves en bataille.

Je racontai l'absence, sa foutu ombre au dessus de mon ciel.
Mes tripes en acier qui me dégoupille les sentiments, et mon coeur avec un trou dedans, même qu'on y voit le paysage à travers.

J'avais écris tout ça, des palabres balancées comme elles venaient, grapillées dans mon chagrin poudré.


Mais l'ordi a planté.
Tout plante en ce moment...

Alors, tant pis.
Y'aura pas.

C'est dommage. Je l'aimais bien ce petit récit en pagaille, pensées foutoir, prose dévergondée et songes en technicolor.

dimanche 18 février 2007

L'abandon

La nuit tombe.
Mes yeux ne peuvent se détacher du ciel mourant.

Pourquoi j'ai les yeux flous, je sais pas.

Peut à peu, tout s'obscurcit.
C'est follement beau.

Je tente de retenir la lumière.
J'ai pas envie que tout s'éteigne.

Ce ciel-là devient ma vie.
La vie qu'il vous faut saisir, bouffer par tous les coins, aimer à en chialer.
Aspirer avant qu'elle ne nous aspire.

Je dévore l'immensité du ciel.
Je la souffle à la paille.
C'est de l'encre, tellement d'encre que devant un tel spectacle je ne sais qu'écrire.
Barbouiller mes yeux mon nez ma bouche de tous ces mots à la plume.

Mais rien ne redonne la beauté de ce ciel.
Rien n'est assez fort pout l'évoquer, jamais.


Bientôt, je verrai naître les étoiles.
Encore une fois, je me sentirai toute petite, inutile, vaine...

Mais je sentirai aussi comme un frisson.
Le sentiment de la vie, qui bouillonne, ruiselle en moi.

De l'encre dans mes mains,
de l'odeur de la Terre.

La nuit tombe, la nuit s'écroule.
Elle revêt le monde de ses noirs atours.

Je me sens impuissante.
Te relever mon obscurité, te relever de toutes mes forces,
mais tu sais je m'écrase avec toi.

Non, je n'y comprends rien.
La vacuité de nos âmes ce soir me glace.

Longuement.

La nuit est tombée.
Elle s'est cassée la figure, juste au coin de ma fenêtre.

Attraction terrestres.
Pourquoi c'est toujours vers le bas que l'on est attiré?
Par quelle force? Quelle faiblesse, plutôt?

Il fait noir.
Je me sens absente à moi même.

c'est vers lui qui je vole, me téléporte, m'arrache.

Il fait noir, et personne ne peut voir mes larmes couler.
Silencieuses, diaphanes.

Je m'abandonne...

C'est dure de se sentir si minuscule, si impuissante.

Tellement à demi.

Je plane, loin...

samedi 17 février 2007

Patchwork noctambule



je suis fatiguée.
Oui.
mais j'ai pas envie de dormir.
C'est comme ça.




****




J'aimerai bien écrire un beau texte.
Un bien foutu, avec deux trois rimes.
Chaloupé comme un poème,
plein de sens profond.


Une foutue mélancolie,
qui vous mouillerait les yeux,
ou de la prose pare choc,
pour recevoir mes coups de blues.


Des mots saignants et crus,
qui vous remueraient les tripes.
De la provoc' mais d'la jolie
j'manie la plume comme le fleuret.


Un ton acerbe et noir,
au service de mon cafard,
des déliés et de l'ivresse:


Ecrire comme on joue une sonate.


****


Tu sais je suis pas écrivain


(quoi que des fois les mots me poussent un peu fort pour que ça reste anodin
a partir de quel moment tu te lèves et tu poses le titre glorieux sur ta bouille de plumée?)


J'ai juste balancé des cris vains,
au temps où l'écrit vint.


Mais j'ai l'écrit dans les veines, pour sûr.
Ca coule, ça jailli, ça éclabousse.


C'est dingue, j'en fous partout.


****


Ce soir je sais plus bien.
Je me sens flaque.


****


Il m'a apelé.
Téléphone brouillé.
Trop de brume.


Il était ivre.
Ivre et amoureux.
Il mélange un peu tout.
C'est de la superbe boullie,
c'est de la douleur sublime.


Mais ça fait mal.


****
Je dis ça au passage,
parce que rien d'autre ne vient.


Que mes mots se crapahutent,
au dela de mon écran,
que malgré mes mains tendues,
J'attrape pas les phrases qu'il faut.




j'ai juste l'air con,
les bras levés, comme ça




****



Foutue absence.


Tu prends trop de place.




P'tain c'est fou ce qu'il me manque.




****




J'me sens à demi.




****


Je repense à ton coup de fil.
Demain t'auras tout oublié.
Que d'la vapeur.



T'es quelqu'un de bien toi aussi.


Alors, n'y pense plus.

****

Je suis demie,
Mais je vois double.




Toujours dans la démesure...


jeudi 11 janvier 2007

Carambole d'âge [reprise]

Je veux pas vieillir.

Je menace le temps,
lui mets le couteau sur la gorge.
Je détourne les règles en brisant les sabliers,
les tic tac se taisent et les minutes se figent.

Je défroque la raison,
pour mieux rire de tout,
accumule les frasques en frayant avec les souvenirs volages.

Je renverse le temps.
le passé soudain est mon présent,
cadeau sans emballage,
je le conserve précieusement.

Je débauche ma montre en chamboulant les aiguilles,
de mes lèvres je happe les tours de l'heure les tours de garde.

Je suis la criminelle de l'esprit qui fugue en pensées,
je suis la supecte flouée qui fait le mur pour te retrouver.

Dans ce monde en suspens,
plus aucune loi, toutes au rebut.

Sur ma banderole la passion,
je défile au pas de valse,
sur les pavés du combat,
qui défigurent ma plage.



Cent fois une révolution,
c'est le quart d'heure des ahuris,
le temps soudain se paralyse.

je chante mon coeur en sérénade,
que le tempo rebelle et la mèche cachée.

"Je t'aime encore", je crie.
Slogan ultime martelé sur le parvis
des églises aux cloches muettes.

Mais tes oreilles mon ange,
sont des pavillons clos.

Je veux rester l'enfant,
je veux restée ta môme,
savourant des baisers de contrebande,
planquée avec toi sous les draps.

Je veux tes cheveux sous mes doigts,
comme des rubans soyeux,
comme des chemins au loin,
roulés sur mon oreiller.

Amour, amour.

Je veux toi.